Retrouvez ci-dessous le texte de l’interview de Karen Patouillet, Fondatrice et dirigeante de l’Agence, parue sur le blog Com’Envrai – www.communitymanagers.fr le 7 octobre :

Karen Patouillet, dirigeante de l’Agence Vingt-Quatre, nous livre sa vision de la communication 2.0.

 

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Bonjour Karen, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ? 

J’ai 34 ans. Côté études, j’ai d’abord suivi un cursus littéraire, et fait deux ans de classes préparatoires, hypokhâgne et khâgne, en spécialité lettres modernes. Puis j’ai poursuivi par des études de Science Politique à la Sorbonne, passionnantes et très centrées sur la sociologie. Ce après quoi j’ai intégré Sciences-Po Paris, où j’ai suivi la spécialisation études européennes, avec le souhait, au départ, de passer les concours européens. J’ai également fait du droit à Paris II en parallèle de Sciences-Po, du droit européen et du droit des affaires. C’est le hasard des stages et des rencontres qui ont décidé de mon orientation vers la communication et les relations presse.

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J’ai eu l’opportunité, dès 2002, de travailler en cabinet ministériel ; cette aventure, qui devait d’abord durer quelques mois, s’est poursuivie jusqu’en 2010, dans différents ministères, sur différents sujets de fond : Affaires étrangères, Santé, Travail et Relations sociales, Enseignement supérieur et Recherche, puis Jeunesse et Solidarités actives. L’action publique et politique me passionnait ; dans ce type de structures, de configuration, tout est communication. Mais c’est par l’écriture, des discours notamment, par le contenu des sujets que je suis venue à la communication et aux relations presse. Partir du message, savoir le formuler, quoi dire et surtout comment, peser le poids des mots, leurs sens multiples ; c’est cela qui me passionne dans ce métier.

J’ai ensuite fait un passage de quelques mois chez Publicis, une très belle agence dirigée par quelqu’un qui reste un modèle pour moi, Maurice Lévy, avant de créer ma propre agence.

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Comment vous est venue l’envie de créer votre propre agence de communication et quels seraient vos conseils pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans l’entreprenariat ? 

Je ne suis pas certaine d’être un bon exemple en la matière car j’ai débuté sans business plan, sans étude de marché… mais avec une bonne dose de motivation ! J’ai créé mon agence en 2011 pour créer mon propre emploi en Bourgogne, où je souhaitais venir m’installer pour des raisons familiales. L’aventure s’est structurée très vite, au gré des rencontres, des contacts, des opportunités. J’ai très vite appris à me pencher sur un prévisionnel !

Avec le recul, une seule chose me paraît essentielle dans la création d’entreprise : ne pas chercher à reproduire un process écrit d’avance, à faire entrer un projet dans des cases pour faire plaisir à tel ou tel investisseur potentiel ou partenaire essentiel. Les chiffres n’ont aucune réalité tant qu’ils ne se traduisent pas concrètement par un devis signé. Certes, étudier son marché est important, mais il faut surtout réfléchir à ses atouts propres : votre réseau (on en a toujours un, chacun à son niveau, et en cela les stages sont essentiels, ne les négligez pas !), vos connaissances et surtout votre expertise.

Partez de ce que vous savez faire de mieux ; c’est évident pour vous, cela peut paraître trop facile, parfois simpliste, mais c’est l’expertise que vous maîtrisez qui créera la confiance chez vos clients potentiels. Et n’oubliez jamais : le seul risque, c’est que ça marche ! En matière de création d’entreprise, je considère l’échec comme l’acquisition d’une expérience précieuse pour faire différemment et mieux à l’avenir.

L’importance des réseaux sociaux n’est aujourd’hui plus à prouver dans une stratégie de communication. Selon vous, Facebook est-il toujours LE réseau social incontournable ? 

Vous avez raison de le souligner : les réseaux sociaux sont indispensables, pour autant qu’on y adopte une stratégie précise et cohérente avec sa marque / son entreprise / ses produits / son image… Bref, avec son ADN. Facebook reste incontestablement le leader mondial ; les derniers chiffres le montrent, qui ont été largement commentés.

Pour autant, j’ai envie de répondre différemment à votre question : incontournable pour qui ? Pour dire quoi et pour en faire quoi ? J’ai rencontré la semaine dernière un chef d’entreprise, entreprise d’un secteur très sensible, qui soutenait que ne pas être sur Facebook, c’était comme refuser l’usage du téléphone portable : ça n’était plus possible pour son entreprise en 2015. En l’occurrence, pour son secteur d’activité, au regard de son cœur de métier, je reste persuadée que son entreprise n’a rien à faire sur Facebook. Elle aurait bien davantage une place sur Linkedin, sur le volet recrutement. Donc si Facebook reste évidemment le réseau social amiral, il est essentiel de se poser la question du message, du contenu, des cibles et surtout, surtout – c’est un point trop souvent négligé – des modalités d’animation et des ressources dont on dispose pour mettre les comptes sociaux au service de votre stratégie globale. Mieux vaut ne pas être sur un réseau qui monte – je pense à Instagram, qui, à mon sens, ne fait qu’amorcer sa montée en puissance – qu’ouvrir des comptes qui ne sont pas animés au rythme où le réseau social l’impose. Et en la matière, Facebook n’est pas Twitter qui n’est pas Instagram qui n’est pas Snapchat…

Bref, – mais ce n’est pas vous que je vais convaincre ! -, community manager est un vrai métier. Tout communicant, tout professionnel de la communication, n’est pas community manager. L’approche digitale est un vrai métier, particulièrement exigeant ; il demande qu’on se forme chaque jour sur de nouveaux réseaux émergents, qu’on étudie l’évolution des codes, des algorithmes… Devenir community manager, c’est signer pour une formation tout au long de la vie !

Quel est selon vous le secret d’une bonne stratégie de communication ? Quelles qualités vous semblent indispensables pour travailler dans le monde de la communication ? 

Je ne sais pas s’il y a un secret, je sais en tout cas qu’il y a une exigence fondamentale :s’attacher au contenu, au message, et toujours faire du sur-mesure. Il faut aimer les gens et leurs histoires pour apprendre à les écouter réellement, et à établir une stratégie qui les racontent.

Il n’y a rien de pire qu’une stratégie de communication qui sent le copié-collé. Aucune configuration ne ressemble à une autre ; chacune mérite qu’on s’y arrête, qu’on en respire véritablement la singularité. C’est tout de même cela qui fait, aussi, l’intérêt de nos missions : remettre chaque jour le métier sur l’ouvrage. Les qualités, partant de ce constat, sont la curiosité, l’ouverture d’esprit, le sens de l’observation et de l’écoute. Chaque détail compte, et bien souvent ce qui fait la différence naît des plus petits détails d’un dossier. Et bien entendu, après cela, il est à mon sens indispensable d’avoir une bonne plume. C’est sans doute une déformation professionnelle mais pour moi, tout part toujours des mots.

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Pour finir, après Dijon et Paris, vous avez récemment inauguré de nouveaux locaux à Auxerre, quels sont les prochains projets de l’Agence Vingt-Quatre ? 

Il y en a beaucoup plus que l’année 2016 nous donnera le temps d’en réaliser ! Plus sérieusement, le temps est aujourd’hui à la structuration de l’équipe, qui va s’agrandir en novembre avec l’arrivée d’un 7ème collaborateur, au développement et à la pédagogie sur notre offre globale, afin d’accompagner toujours mieux nos clientsdans leurs stratégies. Difficile aujourd’hui d’imaginer une stratégie de communication globale qui voudrait s’abstraire des relations presse, des réseaux sociaux et d’une partie plus créative, visuelle, du logo jusqu’aux outils support et bien entendu, au site web. J’ai souhaité que l’Agence dispose de toute cette palette d’offres car si nos métiers sont différents, ils sont étroitement imbriqués, et indissociables. Comment imaginer faire des relations presse en occultant le volet 2.0 ? Animer des réseaux sociaux sans stratégie créative ? C’est aujourd’hui inimaginable à notre sens. Pour autant, nous avons encore à l’expliquer, à démontrer en quoi relations presse, réseaux sociaux, référencement, graphisme sont désormais les piliers d’un même édifice : une stratégie de positionnement global et un conseil sur-mesure.

Qui dit développement et structuration dit formation. Le temps sera aussi, cette année, et j’y tiens, à la formation continue : tous les collaborateurs de l’agence suivent des formations, sur le plan organisationnel ou sur les contenus métiers, et cela sera encore le cas en 2015/2016. Je vais moi-même rejoindre avec un grand bonheur les bancs de l’Ecole 2089, cette fabuleuse école digitale qui ouvre ses portes à Besançon dans quelques jours, avec un panel inédit de « professeurs / professionnels », et une promo ultra-connectée. J’attends « la rentrée des classes » avec impatience, car je suis convaincue d’y apprendre beaucoup, de mes geeks de camarades de promo comme des intervenants.